La momie des glaces

Ecrit par: Chrie6768le: 12-05-20092811 ClicsEnvoyer à un ami

Le 19 septembre 1991, Helmut et Erika Simon, un couple d'Allemands redescendent d'un refuge de montagne sur le glacier du Similaun situé en territoire italien de la province du Tyrol du sud dans les ötzaler.

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Il fait très beau, ils décident donc de poursuivre leur excursion en se rendant vers un autre sommet. Pour se faire, ils quittent le sentier sécurisé et empruntent un champ de glace, ils ne savent pas encore qu'ils vont faire une des plus grandes découvertes archéologiques du siècle, une rencontre incroyable qui va marquer leur mémoire à tout jamais.

Chemin faisant, ils aperçoivent un trou rempli d'eau en partie à même la roche, ils s'approchent, en font le tour et remarquent quelque chose qui en émerge. Ils se disent, encore quelqu'un qui est venu jeter ses déchets sur la montagne, ils s'avancent pour voir et découvrent horrifiés qu'il s'agit d'un corps humain, la tête et les épaules sont bien visibles, il n'y a aucun doute. Ils retournent au gîte pour vite signaler leur macabre découverte.

Après de multiples tentatives pour l'extraire de son sarcophage de glace, menées par le gardien du refuge où se trouvaient les Simon, ensuite de la Police Autrichienne, finalement le chef des services de secours de montagne avec un assistant parvint à extraire le corps le lundi 23 septembre 1991.

Situation des lieux

Le corps a été retrouvé dans les Alpes à une altitude de 3278 mètres dans les ötzaler.

 

Habillement et équipement de Ötzi

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Il faut d'abord remarquer que les matériaux permettant de coudre sont des tendons d'animaux, ainsi que du fil de laine.

Il porte par-dessus ses vêtements une cape confectionnée avec des tiges d'herbes de plus d'un mètre de longueur (herbes alpines), celle-ci est destinée à le protéger des intempéries.

Il dispose d'une ceinture en peau de veau, une poche est visible sur le devant, elle sert également à maintenir des jambières en peau de chèvre, elles possèdes aux extrémités une languette pouvant être introduite dans les chaussures pour garder la chaleur.

La ceinture retient aussi un pagne fait de peau de chèvre très mince, il pend jusqu'aux genoux assurant de cette façon une protection de la poche de la ceinture.

Il dispose d'un manteau fait de pièces en peau de chèvre assemblée.

En ce qui concerne l'équipement, il porte un sac à dos avec un cadre composé de morceaux de bois ronds et plats.

Il emporte un filet dont l'usage précis n'est pas déterminé.

Il dispose de deux petits conteneurs en écorce de bouleau, apparemment l'un d'eux servait à transporter des braises, la présence de charbon ayant été découverte.

Un "retouchoir" pour retailler les outils en silex, composé d'une pointe en bois de cerf inséré dans du bois de tilleul.

Des morceaux hachés d'un champignon poussant sur le bouleau, probablement à usage médical, assimilé à un antibiotique naturel.

Un arc d'un peu plus de 180 centimètres de long, en bois d'if.

Un carquois fait de fourrure de chamois et d'une baguette de noisetier, il contient 14 flèches dont certaines portent une pointe en silex. Les traits sont en pousses de viorne, d'une longueur de plus de 80 centimètres, détail intéressant, la partie avant est légèrement plus grosse que la partie arrière, afin d'assurer une bonne stabilité. L'extrémité de la flèche est munie d'une encoche pour recevoir une pointe.

Le carquois contient également une corde de 2 mètres de longueur réalisée à partir de la fibre d'un arbre, il s'agit probablement d'une corde pour l'arc.

Les pointes des flèches sont collées à l'aide de goudron à base de bouleau, le tout est renforcé par des tendons d'animaux. Deux flèches sont complètes et possèdent un empennage de forme radiale à trois pennes, il est fixé par du goudron et un fil très fin attaché en spirale.

Le carquois renferme également quatre bouts de bois de cerf noués avec de la fibre végétale, Cela pourrait être une matière brute servant à confectionner des flèches.

Il a un outil avec une poignée angulaire, portant une pointe aiguë. Elle porte des traces de sang, il pourrait s'agir d'un instrument destiné à éviscérer et dépiauter un animal.

Le sac est en peau de veau et contient trois outils en silex : un grattoir, une petite lame très effilée et un perçoir. Des infimes traces de duvet retrouvées sur la lame laisse penser qu'elle était utilisée pour confectionner les empennages des flèches.

Il dispose de champignon d'amadou auquel est fixé des cristaux de pyrite, ce qui laisse penser qu'il disposait d'un briquet !

La lame de son poignard est en silex, le manche est en bois de frêne.

Le fourreau du poignard est réalisé par un assemblage de nattes de fins morceaux de fibres végétales.

Il possède une hache en cuivre avec un manche en bois d'if, la lame est solidarisée au manche par une fente pratiquée dans celui-ci, le tout est entouré de bandes en peau d'animal mouillées, qui en séchant se contractent et assurent un fort maintien de l'ensemble.

Il se couvre la tête d'un bonnet en peau d'ours brun maintenu par un noeud sous le menton.

Ses chaussures sont composées d'une semelle et d'une empeigne en cuir, l'intérieur est en herbe tressée et contient de la paille servant d'isolant.

Nous voyons donc que Ötzi était équipé comme un chasseur en expédition ou...un guerrier en campagne.

Cet équipement lui permet une certaine autonomie, cependant, il est seul, ce qui n'est pas normal ni dans une partie de chasse, ni dans une rixe, sauf s'il est le "gibier" ou un fugitif poursuivi.

Les plus anciens tatouages connus au monde

L'examen du corps à permis de détecter également une quinzaine de tatouages, situés généralement dans des endroits peu visibles du corps. Ils ont été réalisés à l'aide de cendre frottée sur des égratignures.

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Ces tatouages très simples (croix ou traits), sont à ce jour les plus anciens que l'on connaisse. Mais les scientifiques n'étaient pas au bout de leurs surprises, une analyse de leurs positions met un fait en évidence, neuf d'entre eux correspondaient à des points d'acuponcture ! Cette découverte repousse de 2000 ans l'âge de cette discipline. Elle aurait donc existé dans différentes cultures pour finalement n'être conservée que par les chinois. Certains de ces tatouages sont situés le long du méridien des reins afin de pouvoir soigner les douleurs dorsales. Une croix près de la cheville gauche, est en particulier, effectivement située en un point considéré comme majeur dans le traitement du mal de dos. Cinq autres tatouages sont situés sur les méridiens de la vésicule biliaire, de la rate et du foie pour soigner les douleurs intestinales.

Il s'agit donc de tatouages à vocation thérapeutiques ayant un rapport médical évident, il s'agit d'un moyen de traitement indiquant les endroits où effectuer une pression pour soigner les différents maux dont Ötzi souffrait.

 

 

 

 

 

 

 

Les origines d'Ötzi

Les chercheurs ont étudiés différents isotopes des minéraux présents dans la momie, ils les ont comparés à ceux présents à l'état naturel dans la région entourant le lieu de son décès. Par exemple, la proportion des isotopes de l'oxygène indique où il a puisé son eau potable. La composition de l'émail de ses dents qui s'est minéralisée durant son enfance, indique qu'il à grandi à une altitude plus faible, au sud de l'endroit où il a été retrouvé.

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Les mêmes isotopes dans les os, qui se reminéralisent durant toute la vie, laissent penser que Ötzi est allé en altitude durant ses dernières années de vie. Toutes les données recueillies ont permis de pouvoir identifier le site le plus probable ou Ötzi à pu grandir. Un endroit situé à environ 60 kilomètres au sud du lieu de sa mort.

Il s'agit de la vallée de l'Eisack, le site de Feldthurns qui a déjà livré aux archéologues des vestiges remontant à l'âge du cuivre, la période durant laquelle à vécu Ötzi. Les informations fournies par l'argon laissent penser qu'il aurait plus tard vécu dans la vallée de l'Etsch pour se rendre par la suite dans la région d'ötzal où il a succombé.

Circonstances de la mort de Ötzi

Une multitude d'hypothèses ont été avancées sur la mort de Ötzi, un paysan recherchant ses bêtes égarées dans la montagne, un chasseur en traque, un acte sacrificiel envers un dieu, un fugitif traqué. On se perd en conjectures.

Qu'avons-nous de concret concernant "l'affaire Ötzi" ?

D'abord, d'après les examens de son équipement, il semble qu'il était incomplet pour une expédition dans la montagne, ce qui laisse supposer qu'il n'avait pas prévu de s'y rendre et que s'il la fait, c'est qu'il a dû prendre cette décision de manière impromptue, comme un pis aller.

Son arc était hors d'usage et il était occupé à en confectionner un nouveau avec des moyens de fortune.

Son carquois était endommagé.

Il porte des blessures profondes à la main droite qui lui ont été infligées quelques heures seulement avant sa mort, il a également une fracture du poignet droit.

Il porte des blessures perforantes encore plus graves au niveau du thorax, une pointe de flèche en silex à traversé l'omoplate gauche et à pénétré dans la poitrine, cette flèche à fait un trou de deux centimètres de diamètre. Actuellement, une telle atteinte au corps nécessiterait une intervention chirurgicale rapide pour porter les soins indispensables et le succès ne serait peut-être pas probant, sans parler des fortes probabilités d'une hémorragie interne.

Ötzi souffre également d'arthrose assez étendue au corps, il a quarante ans, au chalcolithique, cet âge qui actuellement peut encore être qualifié d'assez jeune, correspond à un vieil homme presque un vieillard.

Que peut-on en déduire ?

Si le corps d'un homme contemporain était retrouvé maintenant, portant les mêmes blessures et mort relativement récemment, cette affaire ferait l'objet d'une enquête policière, autopsie et tous les devoirs qui incombent à l'élucidation des faits. Les blessures relevées similaires à celles de Ötzi ne laisseraient aucun doute quant à la conclusion de coups et blessures ayant entraîné la mort, probablement un meurtre voire un assassinat.

On peut sans doute retenir l'hypothèse d'un combat, une rixe. Mais pourquoi ?

Ötzi est-il un chef vieillissant et sur le déclin, dont l'autorité est contestée par un ou des membres de la tribu plus jeunes et ambitieux ?

Cette possibilité ne peut être exclue, car il porte une hache à lame de cuivre, chose rare et enviée à cette époque, on peut également supposer qu'il s'est emparé de cette arme lors d'un combat.

Ötzi, âgé et souffrant était-il un fardeau pour un groupe de chasseur en traque ?

Ralentissait-il la cadence d'un groupe de chasseurs à la poursuite d'un animal, des hommes lui aurait reproché son manque d'allant et il en aurait découlé une sérieuse bagarre.

Dans ces deux cas Ötzi doit faire face à une agression de probablement plusieurs hommes, il prend des coups, se défend comme il peut, il frappe avec son arc et pare avec ce dernier, son arc se brise, il est sérieusement blessé à la main droite, son carquois ayant reçu un choc violent porté par un adversaire, est endommagé ainsi que les flèches qu'il contient.

Succombant sous le nombre, il ne doit son salut que dans la fuite, il a peut-être également porté des blessures sérieuses à un ou plusieurs adversaires dont la colère redouble, voyant leur proie s'enfuir, ils décident de le traquer comme un animal.

Le temps qu'ils se réorganisent, Ötzi à pris de l'avance, mais où peut-il aller pour échapper à ses poursuivants, il pense à la montagne, il connaît bien le terrain, car à la bonne saison, il y mène ses bêtes en pâturages, il n'a d'ailleurs pas d'autre choix. Les chasseurs sont plus jeunes et plus rapides que lui et il souffre de la blessure de sa main droite et de la fracture de son poignet, lui interdisant désormais d'engager un combat avec ses adversaires plus déterminés que jamais.

Au cours de la poursuite, Ötzi se trouve à portée de flèche, l'un de ses adversaires lui décoche un tir alors qu'il tourne le dos et le touche à l'omoplate gauche, provoquant la blessure que nous connaissons.

Il est possible que Ötzi tente d'enlever le trait, mais la pointe ébranlée par le choc ou mal fixée reste dans la blessure. Entretemps les conditions climatiques se sont dégradées et une neige dense tombe, limitant fortement la visibilité, effaçant les traces au sol, les poursuivants dépités comprennent qu'ils ne le retrouveront plus et abandonnent la traque.

Ötzi parvenu dans la montagne, se doute bien que ses adversaires ont lâchés prises à cause de la tempête de neige, il est épuisé, il souffre, il a froid, ses blessures très graves l'ont fortement diminué, il est à bout.

Ne pouvant plus progresser, il trouve un abri sommaire contre le vent glacial en se dissimulant dans une excavation naturelle du sol, la neige commence à le recouvrir, il sent la vie qui s'enfuit, le froid l'assoupit, il est fatigué, il a besoin de dormir, il se laisse aller à son envie et sombre dans un état comateux. C'est comme ça que la mort le surprend, la neige continuant à recouvrir le terrain deviendra son linceul.

A plus de trois mille mètres d'altitude en montagne, le gel transformera la neige recouvrant Ötzi en sarcophage de glace, protégé des agressions externes de l'environnement, il réapparaîtra plus de cinq mille trois cents ans plus tard, témoin bien involontaire de son époque lointaine.




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